VŒU D’INHUMATION

Si ce n’est à Veyrier, c’est ici que mes os,
C’est ici, beau jardin des amours et des plantes,
C’est ici que mes os, sous tes ombres parlantes
Aimeraient à jouir de l’éternel repos !..
Mais si mon âme à Dieu si tôt doit s’aller rendre,
Trop chétif est mon corps pour en jeter la cendre
Au sol que le génie a cent fois consacré :
Soit que la mort retarde ou qu’elle soit prochaine,
J’ai l’espoir consolant de me voir enterré
Près des flots que le Thioux* aux eaux du Fier enchaîne,
Ou, sinon, sur les bords de ce divin Léman
Où mon premier amour est déjà grand’maman.

Nyace O’Bill, in La Veilleuse, petit poème archidélirique, Ed. à Annecy chez J. Dépollier, 1870

*orthographe du texte d’origine

Clefs : souhait | enterrement | sorte d’épitaphe | paradis | lieu de repos éternel