LE PONT DES AMOURS

Le lac silencieux écoutait dans le soir
Le rythme langoureux d’une barque légère
Qui glissait lentement, fragile passagère
Sur l’eau calme, endormie au sein du grand lac noir.

Un bruit frais de baisers montait vers le musoir
Et les étoiles frissonnaient dans la nuit claire,
Palpitantes devant l’ineffable mystère
Des cœurs auréolés d’amour pur et d’espoir.

Sur le pont que la nuit estompe et voile d’ombre
En le rendant pareil au noir bateau qui sombre,
Un couple uni jurait de s’adorer toujours.

Annecy s’allumait, et sur la passerelle
Bruissait confusément la chanson éternelle
Que la barque éveillait sous le Pont des Amours.

Oscar David (1902-1934), in Paysages d’Annecy, Imprimerie commerciale, 1926.


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